11 mai 2009
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L’électronique au service de l’emploi : le centre régional de mécanographie de Lille (Cahier du Chatefp n°4 septembre 2000)

La satisfaction quantitative des besoins de l’économie en main-d’oeuvre a pu constituer, longtemps, l’essentiel de l’activité des services de l’emploi, sans exiger de modifications profondes des techniques utilisées à cet effet. Le bureau de main-d’oeuvre étant, sur le plan local, le lieu géométrique de rencontre des offres et des demandes d’emploi, il suffisait, pour satisfaire à la fois employeurs et travailleurs, de confronter les listes d’offres et de demandes et de mettre en rapport les intéressés. Mais un ensemble de facteurs socio-économiques et techniques, la masse même des offres et des demandes, se conjuguent, aujourd’hui, pour imposer un réexamen profond des méthodes des services qui ont pour mission de concourir à la réalisation de l’équilibre de l’emploi, entraînant une réforme des structures et des moyens mis en oeuvre.

Les transformations d’ordre économique et démographique, les modifications exigées par l’accélération des progrès techniques, certains problèmes nationaux ou locaux de reconversion imposent, en particulier, des efforts en vue d’adapter la main-d’oeuvre aux postes disponibles et d’intensifier la mobilité géographique et professionnelle des travailleurs.

Dans la politique active de l’emploi adoptée par le Ministère des Affaires sociales, les tâches de placement incombant aux directions départementales et aux bureaux du travail et de la main-d’oeuvre ne pouvaient échapper à ces impératifs. Elles devaient, elles aussi, être redéfinies, en tenant compte des conditions nouvelles, des orientations différentes, et de la nécessité de doter les services de mécanismes appropriés. Une initiative régionale

Dès l’année 1964, les services de l’emploi de la région de Lille, en accord avec la Direction Générale du Travail et d’Emploi, et sous l’impulsion de M. Robert Ballet, alors Inspecteur divisionnaire du travail et de l’emploi de la 5ème circonscription, concevaient un système régional de compensation des offres et des demandes d’emploi, reposant, dans un premier temps, sur une exploitation mécanographique des fiches d’offres d’emploi, au niveau de la région. Un centre de mécanographie, installé dans les services de l’Echelon Régional, devenait son principal instrument d’action.

Comme tout système destiné à améliorer la fluidité de la main-d’oeuvre, celui de Lille rencontrait certaines difficultés telles que la résistance de la main-d’oeuvre au déplacement, la lenteur des procédés de diffusion des offres et la limitation de cette diffusion.

Afin de surmonter ces diverses inerties et atteindre sa pleine efficacité l’organisation adoptée visait, essentiellement, à connaître parfaitement les différentes zones soumises à son contrôle (“bassins de main-d’oeuvre”), et à pratiquer une sélection rigoureuse ainsi qu’une diffusion régulière et surtout très rapide des offres soumises à compensation. A ces objectifs primordiaux s’ajoutent, aujourd’hui, la réalisation d’études particulières et l’établissement de statistiques.

Au cours des années suivantes, peu à peu, le système recouvrait cinq régions de programme :

Nord, Picardie, Champagne, Lorraine et Alsace. Il s’adresse aujourd’hui à près de deux millions neuf cent mille travailleurs, soit 20 % de la population salariée française.

Le centre mécanographique de Lille constitue le premier exemple de rénovation des services spécialisés dans le placement des travailleurs. Par son organisation, son fonctionnement et ses moyens, il constitue, à son échelle, une ébauche de la Bourse Nationale de l’Emploi qui doit, dans un très proche avenir, intéresser progressivement la totalité des travailleurs de la métropole.

C’est à ce titre qu’il nous a été présenté par M. Caplain, Directeur régional du Travail et de la main-d’oeuvre et M. Chetcuti, Inspecteur du travail, chargé de l’échelon régional de l’emploi et du centre de mécanographie.