Dernière mise à jour le 16 février 2010
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L’embauche par une entreprise d’insertion

Synthèse

Une personne sans emploi, rencontrant des difficultés particulières d’insertion, peut être embauchée par une entreprise d’insertion :

  • le demandeur d’emploi est recruté en contrat à durée déterminée, assorti d’une rémunération au moins égale au SMIC,
  • l’entreprise d’insertion, employeur, bénéficie de différentes aides de l’Etat
A savoir

Opérant dans le secteur marchand, l’entreprise d’insertion (EI) fait partie - avec l’association intermédiaire (AI) et l’entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) - des organismes " d’insertion par l’activité économique ". Leur point commun : proposer aux personnes en difficulté un accompagnement social et une activité professionnelle afin de faciliter leur insertion.

Sommaire

Fiche détaillée

Quelles sont les personnes susceptibles d’être embauchées ?

Peuvent être embauchées par une entreprise d’insertion, les personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières et notamment :

  • les jeunes de moins de 26 ans en grande difficulté,
  • les demandeurs d’emploi de longue durée,
  • les personnes prises en charge au titre de l’aide sociale,…

Qu’est ce qu’une entreprise d’insertion ?

Association, SARL,… : aucune forme juridique n’est imposée à l’entreprise d’insertion, laquelle produit des biens ou des services comme n’importe quelle entreprise. Son originalité : proposer à des personnes en difficulté une activité productive assortie de différentes prestations définies selon les besoins de l’intéressé (réentraînement aux rythmes de travail, formation, accompagnement social …).

Quelles sont les aides aux entreprises d’insertion ?

Sous réserve de la conclusion d’une convention avec l’État et de l’agrément préalable des salariés concernés par Pôle emploi, l’entreprise d’insertion bénéficie d’un certain nombre d’aides, dans les conditions suivantes.

D’une durée maximale de 3 ans, la convention conclue avec l’État précise notamment le nombre de postes ouvrant droit à l’aide de l’État, les règles de rémunérations des personnes en insertion, les modalités de dépôt des offres d’emploi auprès de Pôle emploi,…

Les aides de lÉtat pour les entreprises d’insertion (EI) sont les suivantes :

Cette aide ne peut pas se cumuler pour un même poste avec une autre aide à l’emploi financée par l’État ; elle est proratisée en fonction de la durée annuelle d’occupation du poste par les salariés.

L’aide au poste est versée mensuellement par l’Agence de services et de paiement (ASP, nouvel établissement public administratif ayant repris les missions précédemment dévolues au CNASEA).. Le montant versé chaque mois correspond au 1/12 du montant total des aides aux postes d’insertion indiqué à l’annexe financière de la convention. Le montant versé mensuellement est éventuellement régularisé sur les deux derniers mois de la convention en fonction du niveau réel d’occupation des postes.

Quel est le statut des salariés ?

Les personnes recrutées par une entreprise d’insertion sont des salariés, disposant de tous les droits attachés à ce statut (congés payés, rémunération au moins égale au SMIC, etc.). Le recrutement peut se faire dans le cadre d’un contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI) répondant aux modalités exposées ci-dessous.

Forme et durée du CDDI

Les personnes en situation d’insertion peuvent être embauchées par une entreprise d’insertion dans le cadre d’un CDD conclu en application de l’article L. 1242-3 du Code du travail. La durée de ces contrats ne peut être inférieure à 4 mois. Ces contrats peuvent être renouvelés dans la limite d’une durée totale de 24 mois.

A titre dérogatoire, ces contrats peuvent être renouvelés au-delà de la durée maximale prévue en vue de permettre d’achever une action de formation professionnelle en cours de réalisation à l’échéance du contrat. La durée de ce renouvellement ne peut excéder le terme de l’action concernée.

A titre exceptionnel, lorsque des salariés âgés de 50 ans et plus ou des personnes reconnues travailleurs handicapés rencontrent des difficultés particulières qui font obstacle à leur insertion durable dans l’emploi, ce contrat de travail peut être prolongé au-delà de la durée maximale prévue. Cette prolongation peut être accordée par Pôle emploi après examen de la situation du salarié au regard de l’emploi, de la capacité contributive de l’employeur et des actions d’accompagnement et de formation conduites dans le cadre de la durée initialement prévue du contrat.

Durée du travail

La durée hebdomadaire de travail du salarié embauché dans ce cadre ne peut être inférieure à 20 heures. Elle peut varier sur tout ou partie de la période couverte par le contrat sans dépasser la durée légale hebdomadaire. Les périodes travaillées permettent de valider des trimestres de cotisations d’assurance vieillesse dans les conditions de l’article L. 351-2 du code de la sécurité sociale.

Suspension du contrat à la demande du salarié

Le contrat peut être suspendu, à la demande du salarié, afin de lui permettre :
1° En accord avec son employeur, d’effectuer une évaluation en milieu de travail prescrite par Pôle emploi ou une action concourant à son insertion professionnelle ;
2° D’accomplir une période d’essai afférente à une offre d’emploi visant une embauche en CDI ou en CDD au moins égal à 6 mois.

En cas d’embauche à l’issue de cette évaluation en milieu de travail ou de cette période d’essai, le contrat est rompu sans préavis.

Périodes d’immersion auprès d’un autre employeur

La convention conclue entre l’État et l’entreprise d’insertion peut prévoir, dans sa rédaction initiale ou par avenant ad hoc, la possibilité pour l’entreprise d’insertion signataire de mettre en place des périodes d’immersion pour ses salariés recrutés dans le cadre des CDD mentionnés ci-dessus.
Dans ce cas :

  • la convention doit comporter les mentions prévues par l’article D. 5132-10-1 du Code du travail ;
  • chaque période d’immersion doit faire l’objet d’un avenant écrit au contrat, comportant les mentions figurant dans l’arrêté du 3 juin 2009 . Le cas échéant, cet avenant peut prévoir la possibilité de réaliser plusieurs périodes d’immersion auprès du même employeur ;
  • chaque période d’immersion fait l’objet d’une convention de mise à disposition à titre gratuit conclue entre l’entreprise d’insertion et l’employeur auprès duquel elle sera effectuée. Cette convention de mise à disposition comporte notamment les indications figurant à l’article D. 5132-10-4 du Code du travail.
Un salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire pour avoir refusé d’effectuer une période d’immersion ou pour avoir décidé d’y mettre fin. Cette mention doit obligatoirement figurer dans l’avenant au contrat de travail conclu à l’occasion de cette période d’immersion.

La durée de chaque période d’immersion ne peut excéder un mois. La durée cumulée de l’ensemble des périodes d’immersion effectuées au cours du contrat ne peut représenter plus de 25 % de la durée totale du contrat.

L’employeur transmet à l’Agence de services et de paiement (ASP, nouvel établissement public administratif issu de la fusion entre le Cnasea et l’AUP - agence unique de paiement) un document dont le modèle est fixé par l’arrêté du 3 juin 2009 cité en référence (CERFA n° 13912*01), signalant chaque période d’immersion mise en œuvre et comportant les indications nécessaires au suivi statistique. Les imprimés de ce modèle sont délivrés par l’Agence de services et de paiement.
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Textes de référence
  • Articles L 5132-5 et R. 5132-5 à R. 5132-10 du Code du travail
  • Arrêté du 10 juin 2005 fixant le montant de l’aide au poste … et ses modalités de paiement (JO du 11 juin).
  • Ordonnance n° 2009-325 du 25 mars 2009 (JO du 27) et décret n° 2009-340 du 27 mars 2009 (JO du 29) (création de l’Agence de services et de paiement).
  • Arrêté du 3 juin 2009 (JO du 1er juillet)
© Ministère du Travail, de l’Emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

Ces fiches pratiques donnent une information synthétique. Les informations fournies n’ont pas de valeur légale ou réglementaire.

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