31 août 2011
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Partie B - L’organisation du travail

Résultats détaillés des enquêtes conditions de travail de 1984 à 2005

Les tableaux portent sur les salariés en France métropolitaine. Sauf évolution du questionnaire, ils sont publiés sous forme de séries (1984, 1991, 1998 et 2005). Lorsque le questionnaire avait été trop modifié, rendant la comparaison délicate, les données de 2005 ont été publiées séparément. Dans chaque fichier excel figurent des tableaux par sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et secteur d’activité, ainsi que des tableaux croisant sexe et âge d’une part, sexe et catégorie socioprofessionnelle d’autre part.

Pour plus d’informations, consulter la présentation méthodologique (génèse du questionnaire, principales évolutions constatées) et la bibliographie qui reprend les publications sur le thème de l’organisation du travail qui ont mobilisé les enquêtes Conditions de travail.


Sommaire :

Tableaux

Méthodologie

Bibliographie


 

Tableaux

B1 - Contraintes organisationnelles

 

B2 - Les marges de manoeuvres

 

B3 - Le collectif de travail

 

B4 - Utilisation des technologies de l’information

 

Méthodologie

Pour décrire l’organisation du travail, plusieurs points de vue sont à envisager ; les rythmes de travail et ce qui les détermine, la polyvalence, le contact avec le public, les marges d’initiatives par rapport aux procédures, aux délais et aux incidents, le collectif de travail et l’utilisation des technologies de l’information. Chaque thème est cerné par plusieurs indicateurs.

Contraintes organisationnelles, marges de manoeuvre et collectif de travail

L’objectif de ces questions est d’arriver à cerner les modes d’organisation du travail à l’aide d’indicateurs indirects ; il serait en effet très difficile à un salarié de répondre, par exemple, à la question : " êtes vous autonome ? " . Il se peut que cette question ne se pose pas ainsi pour lui, et il faudrait un long délai de réflexion pour pouvoir y répondre. L’autonomie, comme l’intensité du travail ou la perception du collectif font référence à des critères multiples constitutifs de l’organisation du travail. Ce sont donc des questions factuelles et précises qui sont posées dans l’enquête, comme, par exemple : " pour faire votre travail, avez vous la possibilité de faire varier les délais fixés ? ". Cette formulation est plus proche de la manière dont le mode d’organisation est effectivement perçu par les salariés ; on cherche à cerner une réalité perçue et non un fonctionnement théorique.

Un double mouvement se profile : les contraintes de type industrielles (rythme de travail dépendant de normes de production ou de délais à respecter en moins d’une heure ou d’une journée) se développent et gagnent les métiers des services. Par ailleurs, la demande marchande contraint de plus en plus les rythmes de travail (normes ou délais à respecter, demande extérieure exigeant une réponse immédiate) De ce fait, la combinaison des contraintes de type industrielles et des contraintes liées à la demande touche de plus en plus de salariés, en particulier des groupes qui n’y étaient pas habitués. Ce cumul résulte à la fois de la pénétration de la logique commerciale dans les organisations industrielles et de la progression des normes industrielles, là où, traditionnellement, le travail dépendait uniquement des contacts directs avec le client ou le patron. Les salariés soumis à cette double contrainte déclarent plus souvent des conditions de travail pénibles. On note une tendance au développement de l’autonomie des salariés, mais ils sont de plus en plus nombreux à déclarer devoir respecter des normes de qualité chiffrées et, parallèlement, le contrôle hiérarchique augmente. On peut considérer que l’accroissement de l’autonomie est un facteur positif dans l’évolution des conditions de travail. Mais l’intensification du travail augmente ainsi que les contrôles et les procédures. Les effets possibles de l’autonomie sur les situations de travail doivent donc être appréciés en fonction du contexte.

Entre 1998 et 2005, la plupart des indicateurs de l’intensité du travail marquent le pas, il en va de même pour ceux qui mesurent les marges de manœuvre ou l’autonomie. Une des rares évolutions importantes est celle de la proportion de salariés qui ne peuvent interrompre leur travail en dehors des pauses prévues, qui passe de 28,6% en 1998 à 40,6% en 2005.

L’utilisation de l’informatique et des nouvelles technologies par les salariés

D’une enquête à l’autre, les questions posées sur l’informatique ont changé en raison notamment de l’évolution de l’informatique elle-même. En 1987, les questions portaient sur les micro-ordinateurs, les machines à traitement de texte, les terminaux (émission - réception, émission seulement, réception seulement), l’informatique industrielle (robots, machine à commande numérique, laser), le minitel et la vidéo. En 1993, les machines à traitement de texte ne sont plus isolées et sont classées avec les micro-ordinateurs. En 1998, les questions portent successivement sur les micro- ordinateur reliés ou non, le terminal mais aussi sur l’utilisation du micro-portable, du micro-ordinateur à domicile et enfin de l’accès à internet. L’informatique au travail aujourd’hui se développe vers l’extérieur et devient un instrument de relation : l’enquête de 2005 comprend des questions supplémentaires sur l’usage de la messagerie électronique, de l’Intranet ou d’un téléphone portable. Depuis 1987, l’utilisation de l’informatique n’a cessé de progresser. En quelques années, la micro informatique a supplanté l’informatique lourde. Entre 1987 et 1993 les salariés utilisaient plutôt le terminal ou le micro servant de terminal. Dans le même temps c’est la micro-informatique qui s’est développée. Pour beaucoup de salariés coexistent l’utilisation de la micro- informatique et de l’informatique lourde. 1993 marque aussi le début du développement des outils de communication. A cette date, plus d’un salarié sur cinq utilise à la fois le micro - ordinateur, le terminal, le télécopieur et le minitel. Seule la vidéo reste un outil à part. La période suivante est marquée surtout par le rattrapage de l’utilisation de l’informatique dans la fonction publique par rapport au secteur privé.

En 1998, un salarié sur deux utilise un ordinateur dans un cadre professionnel. Les innovations alors les plus récentes comme le micro- portable, l’accès à Internet se diffusent, mais restent un facteur de distinction sociale. L’informatique permet de combiner efficacité et souplesse, grâce au micro- relié, elle joue un rôle d’intermédiaire pour permettre les échanges d’informations en temps réel pour l’entreprise et ses clients ou ses fournisseurs. Avec le développement des réseaux, l’ordinateur devient un instrument de relation mais renforce les clivages socioprofessionnels. Le contexte collectif favorise le réseau d’entraide, mais l’utilisation de l’informatique reste très encadrée, avec toujours plus de salariés ne choisissant pas leur logiciel et plus d’un tiers auquel toute le procédure est indiquée. Les outils informatiques de type industriels ne concernent pas autant de salariés, et évoluent de façon diverse, les machines outils progressent cependant que les robots stagnent.

En 2005, près de 60 % des salariés utilisent l’informatique dans le cadre professionnel. L’usage de l’internet dans le cadre professionnel s’est considérablement développé : il concernait 7% des salariés en 1998, 35% en 2005. Il reste toutefois plus souvent utilisé dans le haut de l’échelle sociale (78% des cadres, 25% des employés, 5% des ouvriers). La répartition des usagers de la messagerie électronique est sensiblement similaire. A la fois instruments de distinction sociale et modalités d’emprise du travail sur la vie hors travail, certaines innovations restent l’apanage des cadres : téléphone portable plus souvent pour les cadres d’entreprises, ordinateur au domicile pour les cadres du public.

 

Bibliographie

  • Conditions de travail : les enseignements de vingt ans d’enquête Bué J,, Coutrot T, Puech I., 2006, Octares.
  • L’utilisation de l’informatique et des nouvelles technologies par les salariés Dares, les dossiers de la Dares n°1 2001, la Documentation Française.
  • Les conditions de travail Gollac M, Volkoff S, 2000, La Découverte.
  • L’organisation du travail, Dares, Les dossiers de la Dares hors-série 1999, Documentation française.
  • L’organisation du travail : entre contrainte et initiative Bué, J, Rougerie C, Premières synthèses, 99-08 N° 32.1 1999.
  • En 1998, plus d’un salarié sur deux utilise l’informatique dans son travail, Cézard M, Vinck L, Premières synthèses n°53.2 1998.
  • Contraintes organisationnelles et nouveaux agencements du temps de travail, Bué J, Rougerie C, Actes XXXIII du congrès de la Société d’ergonomie de langue française 1998, la Documentation DARES Le capital est dans le réseau : la coopération dans l’usage de l’informatique, Gollac M, Travail et Emploi n° 68 1996, la Documentation Française.
  • Contraintes et marges d’initiative des salariés dans leur travail, Cézard M, Vinck L, Données sociales 1996, INSEE.
  • Les communications de travail : comment et avec qui ?, Moatty F, La lettre du Cee n°39 1995, documentation Dares.
  • L’impact des nouvelles technologies, Cézard M, Pujalte A, Congrès de la société des ergonomes de langue française 1995, documentation Dares.
  • L’usage des nouvelles technologie continue de s’étendre Aquain V, Cézard M, Gollac M, Vinck L, Premières synthèses n°49 1994, documentation Dares.
  • L’évolution en 2ans de l’organisation du travail : plus de contraintes mais aussi plus d’autonomie pour les salariés, Aquain V, Bué J, Vinck L, Premières synthèses n° 54 1994, la Documentation DARES.
  • Le travail ouvrier sous contraintes, Cézard M, Dussert F, Données sociales 1993, INSEE.
  • Conditions de travail :des difficultés à prévoir pour les plus de 40 ans, Molinié AF , Volkoff S, Données sociales 1993, INSEE.
  • Conditions, organisation du travail et nouvelles technologies en 1991, Dares, Dossier statistiques du travail et de l’emploi n°90-91-92 1993, la Documentation française.
  • Conditions, organisations et nouvelles technologies en 1991, Dares, Dossier statistiques du travail et de l’emploi n°90-91-92 1993, la Documentation Française.
  • Qui, utilise l’informatique au travail ?, Moatty F, Dossier recherche Cee n°51 1993, documentation Dares.
  • La percée des nouvelles technologies, Cézard M, Dussert F, Gollac M, Premières informations n°266 1992, documentation Dares.
  • Techniques et organisation du travail, 1987 Bué J, Gollac M, Cristofari MF, Collections des rapports de Travail-Emploi 1992, la Documentation Française.
  • Taylor va au marché, Cézard M, Dussert F, Travail et Emploi n°54, 4-92 1992, la Documentation française.
  • L’organisation du travail des femmes, Bué J, Travail et Emploi n°49 1991, la Documentation française.
  • La modernisation à deux vitesses, Gollac M, Données sociales 1990, INSEE.
  • Qui utilise le traitement de texte ?, Cristofari MF, Travail et Emploi n° 39 1989, la Documentation Française.
  • Les différentes formes de flexibilité, Bué J, Travail et Emploi n° 41 1989, documentation Dares.
  • Techniques et organisation du travail, Bué J, Gollac M, Premiers résultats (Insee) n°112 1988, documentation Dares.
  • La micro-informatique professionnelle, Gollac M, Travail et Emploi n° 35 1988, documentation Dares.
  • Contraintes et rythmes de travail des salariés à temps partiel, Bué J, Cristofari MF, Travail et Emploi n°27, mars 1986 1986, la Documentation française.
  • Enquête sur les conditions de travail : deuxième série de résultats : la charge de travail Dares, Bulletin mensuel des statistiques du travail et de l’emploi n°84 1980, la Documentation française.
  • Enquête sur les conditions de travail Dares, Bulletin mensuel des statistiques du travail et de l’emploi n°71 1979, la Documentation française.