Partie A - L’organisation du temps de travail
Résultats détaillés des enquêtes conditions de travail de 1984 à 2005
Les tableaux portent sur les salariés en France métropolitaine. Sauf évolution du questionnaire, ils sont publiés sous forme de séries (1984, 1991, 1998 et 2005). Lorsque le questionnaire avait été trop modifié, rendant la comparaison délicate, les données de 2005 ont été publiées séparément. Dans chaque fichier excel figurent des tableaux par sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et secteur d’activité, ainsi que des tableaux croisant sexe et âge d’une part, sexe et catégorie socioprofessionnelle d’autre part.
Pour plus d’informations, consulter la présentation méthodologique (génèse du questionnaire, principales évolutions constatées) et la bibliographie qui reprend les publications sur le thème de l’organisation du temps de travail qui ont mobilisé les enquêtes Conditions de travail.
Sommaire :
Tableaux
A1 - La journée de travail
A2 - La semaine de travail
A3 - Aménagement des horaires
A4 - Travail/hors travail
Méthodologie
Le champ des enquêtes Conditions de travail
Organisées et exploitées par la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère de l’emploi et de la solidarité, ces enquêtes sont réalisées en complément de l’enquête Emploi de l’INSEE. Le champ de ces enquêtes est donc celui de l’enquête Emploi. Il inclut l’ensemble des ménages ordinaires de la France métropolitaine, et une partie de la population des communautés, dans la mesure où leurs membres ont des liens familiaux avec des ménages ordinaires. Restent toutefois exclus certains ouvriers des chantiers temporaires, des jeunes et des étrangers hébergés en foyers, ainsi que des personnes des établissements hospitaliers, scolaires et hôteliers vivant en collectivité. Le questionnaire des enquêtes complémentaires est posé à chaque actif occupé du ménage. Celui-ci doit répondre personnellement.)]
Les contraintes horaires se traduisent d’abord dans des durées : durée du trajet, durée hebdomadaire habituelle (heures supplémentaires comprises - officielles ou non -), étendue de la journée de travail. Elles comportent également des éléments de régularité ou d’irrégularité (nombre de jours de travail variable d’une semaine à l’autre, horaires quotidiens variables ou non, avec des marges de manœuvre plus ou moins restreintes). Enfin les horaires peuvent être décalés par rapport aux journées ou aux semaines " classiques " : travail tôt le matin, tard le soir, la nuit [1], le week-end, absence de repos hebdomadaire de 48 heures consécutives.
Les modifications apportées au questionnaire 2005 entraînent, pour certaines questions des ruptures de série ; pour éviter toute confusion, dans ce cas les évolutions sont présentées sous deux tableaux séparés : la série jusqu’en 1998, un tableau 2005. Les tableaux signalés par une * portent sur les années antérieures à 2005. Dans ce cas, la série de tableau portant exclusivement sur l’année 2005 comporte dans son titre la mention « en 2005 ».
La journée de travail
Cette partie de l’enquête a connu une évolution notable dans la formulation des questions entre l’enquête de 1998 et celle de 2005. En effet, jusqu’en 1998, l’enquêté(e) était encouragé(e) à répondre en tenant compte d’une journée et d’une semaine " de référence ", représentatives de son activité habituelle. En particulier la journée de référence était en général la veille de l’interview (ou la nuit précédente), sauf lorsque que celle-ci correspondait à une situation trop inhabituelle (prise de congé exceptionnelle, chômage technique, intempéries, grèves). La durée du trajet, l’heure de début et de fin de travail sont ainsi celles de la journée de référence. Par exemple, l’heure de début du travail est ainsi demandée : « Nous allons parler de vos horaires lors de la journée de référence : […] A quelle heure avez-vous commencé votre travail ? ». En 2005, la formulation des questions a été modifiée, il n’est plus fait mention de la veille ou d’une journée de référence mais d’une journée habituelle : « Habituellement, à quelle heure commencez-vous votre travail ? ». En principe l’ensemble des questions portent sur les horaires réels et non les horaires officiels ou affichés, mais la marge de manœuvre de la personne interrogée est grande, qui peut la conduire ou non à déclarer certaines plages de travail lorsqu’elles sont faiblement " institutionnalisées ". Il en va ainsi du travail occasionnel du samedi et du dimanche ou du travail réalisé à domicile. Les réponses de type oui / non obligent aussi l’enquêté à répondre en référence à la situation qu’il considère comme " la plus habituelle ". Des études monographiques menées à la suite de l’enquête de 1998 semblent montrer qu’en ce qui concerne les horaires de travail, la déclaration des enquêtés porte plutôt sur le " prescrit " que sur le " réel ", conduisant dans certains cas à la non déclaration de dépassements d’horaires, ou de temps passés à des tâches spécifiques (comptabilité après la fermeture du magasin par exemple).
La semaine de travail
Comme pour les horaires, quelques modifications ont été apportées aux questions sur le travail du dimanche, du samedi ou de la nuit. Les modalités de réponse sont en effet passées de « habituellement » / certains [dimanches, soirs, samedis] / jamais » à « habituellement / occasionnellement / jamais ». Là encore, il a été jugé préférable de publier les deux séries séparément.
De nouveaux thèmes
En 1998, on avait ajouté des questions portant sur le caractère prévisible des horaires de travail ("connaissez-vous horaires que vous devrez effectuer le mois prochain, la semaine prochaine, demain"), car il apparaît aujourd’hui que la difficulté à anticiper les horaires de travail, leur morcellement, rendent les conditions de travail plus difficiles. Cette approche est maintenue en 2005 et est enrichie par plusieurs questions visant à saisir l’empiètement de la vie professionnelle sur le hors travail : les fluctuations par rapport aux horaires habituels, les dépassements d’horaires sans compensation, les astreintes, pouvoir être joint par son entreprise en dehors des heures de travail, emporter du travail au domicile. La réduction du temps de travail est abordée sous l’angle des modalités qu’elle prend.
Les effets du passage à la collecte assistée par ordinateur
Pour la première fois en 1998, l’enquête Conditions de travail a été réalisée en utilisant des micro-ordinateurs portables. Les enquêteurs ont directement saisi les réponses des enquêtés aux questions qui leur étaient posées. Le questionnaire " papier " n’a été utilisé que très rarement, en cas de panne de l’ordinateur. Pratiqué depuis 1993 pour l’enquête Emploi proprement dite, ce système d’enquête diffère un peu du système traditionnel. Les réponses sont plus courtes, les filtres et aiguillages du questionnaire sont mieux respectés (mais quelquefois plus brutaux), puisqu’ils font l’objet d’une programmation préalable et d’un contrôle en cours de collecte. Des analyses menées à la suite du passage de l’enquête Emploi sur micro portable ont montré que la différence de protocole d’enquête ne modifiait pas les résultats quantitatifs sur les principales variables destinées à mesurer l’activité et le chômage. Cependant, ce passage, échelonné de 1993 à 1995, a entraîné une forte croissance de la proportion d’enseignants déclarant travailler le samedi ou le dimanche. L’hypothèse la plus plausible est que ces questions ne leur étaient pas systématiquement posées auparavant, dans le cadre du protocole traditionnel de collecte de données. Or, depuis 1990, les questions concernant le travail de fin de semaine, les horaires alternants et le travail de nuit sont posées dans l’enquête Emploi elle-même, puis précisées dans le complément sur les conditions de travail. Du coup, l’évolution entre 1991 et 1998 des proportions d’enseignants travaillant le samedi ou le dimanche n’est pas significative. Cette rupture n’est pas observée sur les autres catégories socioprofessionnelles, ni sur le travail de nuit et les horaires alternants.
Bibliographie
- Conditions de travail : une pause dans l’intensification du travail, Bué J., Coutrot T., Hamon-Cholet S., Vinck L., Premières synthèses 07-01.2 2007
- Travail de nuit et du soir depuis 10 ans : une progression plus rapide pour les femmes que pour les hommes, BUÉ J., "Premières synthèses" n°40.2 - 2005
- Conditions de travail : les enseignements de vingt ans d’enquête, Bué J,, Coutrot T, Puech I., 2006, Octares.
- Les conditions de travail, Gollac M, Volkoff S, 2000, La Découverte.
- L’organisation des horaires de travail : résultats des enquêtes conditions de travail DARES, "Les dossiers de la Dares" n°1-2 2000, disponible à la Documentation Française
- L’organisation des horaires : un état des lieux en mars 1998, BUÉ J., ROUGERIE C., "Premières synthèses" 99-07 - n°30.1 Juillet 1999, disponible en ligne
- Contraintes organisationnelles et nouveaux agencements des temps de travail, BUÉ J., ROUGERIE C., "Temps et travail", actes du XXXIIIème congrès de la Société d’ergonomie de langue française 16, 17 et 18 septembre 1998, disponible à la documentation Dares
- Les horaires de travail atypiques sont de moins en moins exceptionnels, D.Goux, in "La Société Française" - Données sociales 1993, INSEE
- Les horaires de travail sont moins réguliers et plus diversifiés en 1991 qu’en 1984, BUÉ J., DUSSERT F., "Premières Synthèses" n° 93-28 1993, disponible à la documentation Dares
- Les horaires de travail en 1991, DARES, "Dossiers statistiques du travail et de l’emploi" n° 98-99 1993, disponible à la Documentation Française
- Le travail de nuit des femmes, BUÉ J., MOLINIÉ A.F, "Regards sur l’actualité" n°131 (la Documentation Française) Mai 1987, disponible à la Documentation Française
- Aménagement du temps de travail : les réalités de la flexibilité, BUÉ J., MOLINIÉ A.F, "Regards sur l’actualité" n°131 (la Documentation Française) Mai 1987, disponible à la Documentation Française
- Primes et horaires, BUÉ J., CRISTOFARI M.F, in "Données sociales" (Insee) 1987, disponible à l’INSEE
- Horaires et aménagement du temps de travail des salariés en mars 1984, BUÉ J., CRISTOFARI M.F, "Dossiers statistiques du travail et de l’emploi" n° 17 Novembre 1985, disponible à la Documentation Française
[1] Dans l’enquête, sont considérées comme travail de nuit les heures comprises entre 0 et 5 heures du matin. Cette plage est décrite par les physiologistes comme une période pendant laquelle l’organisme fonctionne en état de moindre résistance à tous les niveaux.
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