1er décembre 2009
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Guadeloupe - Les entreprises créées via le dispositif PIJ (mai 2009)

Les Dom en général et la Guadeloupe en particulier sont confrontés à un sous-emploi structurel. Le taux de chômage est trois fois supérieur à celui de l’hexagone.

Concernant les jeunes, la situation est encore plus préoccupante : ils sont deux fois plus souvent au chômage que les autres. Devant ces difficultés structurelles, toutes les pistes de lutte contre le chômage doivent être envisagées, y compris celles tendant à développer l’activité.

Le projet initiative jeune (PIJ) création s’inscrit dans cette démarche. C’est une mesure qui vise à encourager le développement du secteur productif en fournissant une aide en capital au jeune créateur d’entreprise. Par ailleurs, l’entrepreneur en créant son activité crée aussi son propre emploi et peut percevoir des revenus.

Les créateurs bénéficiant du dispositif sont majoritairement des hommes, jeunes, diplômés auparavant au chômage, qui montent leur structure seuls sans associé, avec généralement peu de moyens. L’aide PIJ représente souvent une fraction non négligeable de l’investissement de départ, signe de la faiblesse des moyens au démarrage.

Trois ou quatre ans après leur démarrage, les entreprises créées avec le PIJ, principalement dans les services, le commerce et la construction, restent de petites structures réalisant un chiffre d’affaires modeste (deux entreprises sur trois réalisent moins de 30 000 E HT annuel). Deux créateurs PIJ sur trois déclarent retirer peu de revenus de leur entreprise. Parmi eux, moins de la moitié bénéficie d’autres ressources. Leur clientèle est essentiellement une clientèle « grand public » de voisinage. L’accès à une clientèle d’entreprise est moins fréquente (25%), voire marginale concernant les administrations.

Le taux de survie des entreprises après trois ou quatre ans d’activité atteint 66,8% ; un pourcentage légèrement inférieur à la moyenne de l’ensemble des créations en Guadeloupe (71%). Si ce taux apparaît faible, il concerne une population jeune, moins expérimentée, antérieurement au chômage avec peu de moyens investis dans leurs projets. Autant d’éléments a priori défavorables qui conduisent à nuancer ce taux de survie.

Les entrepreneurs « PIJ » sont plutôt satisfaits de leur création. Ils ont une vision optimiste sur l’avenir de leur entreprise même si la projection dans le futur est insuffisamment préparée par de l’investissement ou de la formation. Plus d’un dirigeant sur deux pense développer son entreprise et accroître sa clientèle. Les créateurs d’entreprises PIJ ont par contre une opinion plus mitigée concernant les cabinets conseils destinés à les accompagner pendant les trois premières années. Plus d’un dirigeant sur deux y a eu recours mais 41,9% juge l’aide reçue minimale ou insuffisante. 40% des créateurs PIJ n’auraient pas créé leur entreprise sans ce dispositif. Le caractère incitatif de la mesure est indéniable. Par ailleurs, l’impact sur l’emploi est loin d’être négligeable, avec des emplois directs créés et des emplois induits.