24 juin 2009
agrandir la taille du texte diminuer la taille du texte envoyer cette page imprimer cette page

Etre conseiller prud’homme, pour moi, c’est aider les salariés à se sentir reconnus et à apaiser les conflits !

Interview avec Micheline Belhoste, Conseillère dans la section « activités diverses » au Conseil des Prud’hommes de Rouen. Micheline se présente pour son 2ème mandat.

NB : Cette interview a été réalisée avant les élections prud’homales du 3 décembre 2008.

Comment êtes-vous devenue conseillère prud’homme ? Aux élections de 2002, je me suis présentée pour mon premier mandat. Pourquoi ? Parce que j’avais envie de donner un peu de mon expérience professionnelle au service des salariés. J’ai en effet été déléguée du personnel et déléguée syndicale CFTC pendant plusieurs années au sein de l’organisme pour lequel je travaillais. La connaissance du milieu du travail et de la vie en entreprise est importante pour bien comprendre les contentieux entre employeurs et salariés. J’avais envie de m’engager pour que le droit du travail s’applique partout et pour tous. Lorsqu’on travaille, on sait qu’il y a souvent des conflits dans l’entreprise, que parfois, le droit du travail n’est pas respecté. Je voulais pouvoir rendre justice pour que les relations de travail se passent bien, et pour que le droit du travail et les conventions collectives soient respectées.

Quel est l’aspect de votre activité aux prud’hommes qui vous plaît le plus ? J’ai éprouvé beaucoup de satisfaction dans ce que j’ai fait. Faire en sorte, par un jugement juste et équilibré, que les relations de travail se passent mieux dans l’entreprise. C’est important que le droit s’applique. D’une part parce que c’est une question de justice et qu’il est essentiel qu’il soit démontré que l’on ne peut enfreindre impunément lois et règlements. D’autre part, parce que cela signifie des choses concrètes pour le salarié : généralement régularisations et indemnisations mais aussi directement ou indirectement plus de bien-être professionnel, plus de sécurité, une meilleure conciliation entre sa vie professionnelle et sa vie familiale, la garantie de ne pas subir de discrimination etc. Pour moi être conseiller prud’homme, c’est aussi aider les salariés à se sentir reconnus et heureux dans leur travail, et contribuer à apaiser les conflits. Les conseillers prud’hommes sont aussi des professionnels issus du secteur privé qui connaissent le monde de l’entreprise, qui ont vécu parfois les mêmes choses que les salariés qui viennent devant le conseil de prud’hommes pour régler un litige. Ils connaissent le métier, ils ont leur expérience, ils savent comment ça se passe dans l’entreprise et la réalité des relations au travail. Enfin, les relations entre conseillers employeurs et conseillers salariés dans la section où je siège au Conseil de Prud’hommes conduisent à des décisions équilibrées et motivées en droit du travail, ce qui évite un nombre de renvois excessifs en départage. C’est un point positif pour les salariés souvent désemparés devant la complexité et la longueur des procédures. Favoriser la conciliation vise à l’efficacité, à la rapidité et à l’amélioration des relations entre les parties.

Comment expliquez-vous l’abstention croissante aux élections ? Tout d’abord, l’insuffisance d’information sur le fonctionnement des prud’hommes rend difficile la compréhension du rôle des conseillers et de l’utilité de leur élection. Ensuite, trop souvent encore les salariés ne recourent aux prud’hommes que dans des situations graves, tel le licenciement, perte de salaire etc. Je pense qu’il faut replacer ce phénomène dans le contexte plus général d’individualisme grandissant. Cette année, j’attends une meilleure participation le 3 décembre parce que les jeunes devraient se sentir davantage concernés que la génération précédente. C’est mon point de vue, et j’espère que le taux de participation cette année va le confirmer. Il faut que les gens aillent voter, un jour ou l’autre ils auront peut être besoin que leur affaire soit jugée. Peut-être aussi que le vote par correspondance va permettre à ceux qui ne pouvaient pas où n’osaient pas se déplacer de pouvoir voter. C’est une très bonne chose, si cela permet d’augmenter la participation