5 avril 2005
agrandir la taille du texte diminuer la taille du texte envoyer cette page imprimer cette page

Intervention de Monsieur Gérard LARCHER, Ministre délégué aux relations du travail, lors du séminaire sur les mutations économiques à Reims

Ministère de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale

Le Cabinet du Ministre

Ministère délégué aux relations du travail

Monsieur le Délégué interministériel, Monsieur le Préfet de région, Mesdames, Messieurs,

Je tiens tout d’abord à vous remercier, Monsieur AUBERT, de m’avoir proposé d’introduire à cette session territoriale du séminaire sur les mutations économiques.

Cette formation que vous organisez depuis quelques années maintenant suscite toujours beaucoup d’intérêt auprès des participants potentiels. Vous recevez beaucoup plus de candidatures qu’il n’est possible d’en accepter. L’approche retenue pour ces sessions me semble présenter plusieurs caractéristiques originales qui expliquent le succès rencontré :

  • Tout d’abord un séminaire de 4 ateliers de 2 jours sur 4 à 5 mois. La durée de ces sessions et leur périodicité contribuent à créer un esprit d’équipe entre les participants. Ils ont le temps de se connaître, de créer du lien entre eux et d’élargir leur réseau. Ce qui leur est ensuite bien utile lorsqu’ils sont confrontés aux difficiles sujets des mutations économiques dans leur travail quotidien.
  • Par ailleurs ce séminaire est ouvert aussi bien à des fonctionnaires de l’État central territorial, à des collectivités, à des chefs d’entreprises, à des représentants du monde patronal et syndical, à des sociétés de conversion, à des associations… C’est le seul cas à ma connaissance de formation, sur ce thème, élargie à tous les acteurs du territoire potentiellement concernés. Cela permet des échanges riches, sans langue de bois puisqu’il n’y a pas d’enjeu sur un dossier particulier.

Chacun apprend à mieux connaître les motivations des autres partenaires et, par là-même, à mieux les comprendre, ce qui facilite ensuite les négociations sur le terrain lorsqu’un cas concret doit être traité.

  • Enfin, l’approche territoriale à laquelle vous consacrez toujours une session permet de voir grandeur nature comment les choses se vivent au quotidien.

La tenue à Reims de ce troisième atelier répond bien à cette préoccupation.

Nous sommes ici dans un bassin d’emploi en profonde mutation. Une grande partie des 1 500 emplois supprimés en 2004 dans le département ont eu lieu dans ce bassin et autant de suppressions d’emplois, hélas, sont annoncés pour 2005. Plusieurs entreprises connaissent en effet des restructurations importantes, voire ferment complètement leur site d’exploitation.

La loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005 permet au Préfet de négocier avec chaque société une convention de réactivation du bassin d’emploi mais, dans le cas précis de Reims, la multiplicité des conventions pourrait générer des difficultés de mise en œuvre opérationnelle ; en effet, les différents intervenants risqueraient de démarcher les mêmes créateurs potentiels d’emplois, ce qui irait tout-à-fait à l’encontre des intérêts du territoire.

Le travail mené ici, notamment par le sous-préfet de Reims que je félicite, a permis de lever cette difficulté : je vais tout à l’heure signer les conventions relatives à ELECTROLUX et FUJIFILM mais ces conventions signées entre l’État et les entreprises seront accompagnées d’une convention interentreprises qui organise la cohérence entre les différents dispositifs.

Il est en effet indispensable que sur un territoire donné les services de l’Etat, les collectivités territoriales, les Unions Patronales, les Unions Syndicales, les partenaires économiques s’associent dans une réflexion commune pour analyser la situation locale en établissant un diagnostic en vue de définir des axes de développement pour l’économie locale.

Ce diagnostic doit permettre de s’interroger sur les points forts actuels du bassin de Reims, notamment sur la métallurgie et plus largement l’industrie. Il doit approfondir la première réflexion engagée autour de la définition du pôle de compétitivité sur la valorisation industrielle des produits agricoles et structurer le développement attendu grâce à l’arrivée du Train à Grande Vitesse. Ensuite, il conviendra de décider d’une stratégie partagée par tous les partenaires qui mettront en œuvre ensemble les actions retenues.

Le rebond d’un bassin d’emploi ne peut réussir que dans ces conditions et je salue l’initiative prise ici par le Préfet, en collaboration avec la MIME, pour favoriser cette synergie. J’accompagne de mes vœux la réussite de ce dispositif.

J’espère que chacun d’entre vous, qui aura à connaître des mutations économiques sur son territoire, s’inspirera largement de ce qui est mis en œuvre ici.

De nouvelles dispositions seront prises prochainement au niveau européen pour favoriser le développement économique et l’emploi. Je participerai moi-même le 8 avril à un Conseil des Ministres européen informel, celui-ci nous permettra de préparer la séance de juin au cours de laquelle seront prises des décisions importantes en la matière.

Je vous souhaite une fructueuse journée rémoise.