Intervention de Gérard LARCHER, Ministre délégué aux relations du Travail, lors du Salon Assist’Expo
Ministère de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale
Le Cabinet du Ministre
Ministère délégué aux relations du travail
Mesdames et Messieurs,
C’est avec un grand plaisir que je suis présent aujourd’hui devant vous, à l’occasion de cet ASSIST’EXPO, le salon professionnel du métier de secrétariat et de l’assistanat.
Je suis d’autant plus content d’être ici, d’abord parce qu’il me semble important d’encourager cette première édition du salon dont l’initiative revient à la société Prométis, et ensuite et surtout, parce que justement c’est un salon sur les secrétaires c’est-à-dire finalement un métier dont on ne parle pas beaucoup, un métier peu connu, certainement pas assez valorisé, alors qu’il est présent dans toutes les entreprises, dans toutes les administrations, dont il est l’une des composantes fondamentales.
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Je vais, si vous me permettez, commencer mon propos en rappelant quelques données essentielles.
Le métier de secrétaire est un métier ancien, qui finalement a existé dès qu’ont existé les entreprises. L’étymologie rappelle l’importance de cette fonction liée au respect du secret, aux dossiers importants qu’il faut savoir gérer de manière discrète et efficace.
Que représente cette fonction aujourd’hui en France ?
Il y a environ 1 000 000 personnes dans les métiers du secrétariat et de l’assistanat, qui se répartissent pour les trois-quarts dans le secteur privé, et pour un quart dans le secteur public.
C’est un métier dont le nombre de titulaires est en augmentation puisqu’il y a vingt ans les secrétaires et assistantes représentaient 800 000 personnes soit 20% de moins qu’aujourd’hui.
C’est un métier jeune, même s’il a tendance à vieillir, puisque aujourd’hui près de 35% des secrétaires ont moins de 34 ans, quand elles étaient plus de 50% au début des années 90.
C’est un métier dont la qualification, j’y reviendrais, augmente. En 1991, les secrétaires ayant un diplôme supérieur ou égal au baccalauréat représentaient 37% au début des années 90, quand elles sont presque 50% aujourd’hui.
C’est un métier qui concerne, tous les secteurs de l’économie, avec certes un poids plus lourd pour les services aux entreprises et pour le commerce, et qui concerne toutes les tailles d’entreprises, de la très petite entreprise au groupe international.
Enfin, et je ne vous apprends bien évidemment rien, c’est un métier féminin à 98,8%, ce qui d’ailleurs est en soi un sujet de réflexion.
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La fonction de secrétaire et d’assistante, je l’ai déjà dit et je le répèterai certainement encore, est une fonction essentielle.
Depuis quelques dizaines d’années, cette fonction a beaucoup évolué.
Auparavant il était demandé à la secrétaire, bras droit discret du patron, des tâches quasi exclusives d’exécution, de gestion de l’agenda et du téléphone. Ces tâches représentent désormais une part beaucoup moins importante de l’activité de la secrétaire.
Celle-ci est aujourd’hui beaucoup plus polyvalente. Elle gère des dossiers parfois complexes. Il lui est demandé une plus grande autonomie, des compétences en terme d’organisation, en terme de gestion et de suivi de projet. La fonction, est en train de se qualifier sans cesse davantage et c’est l’une des grandes évolutions qui va certainement se maintenir dans l’avenir.
Pourtant, et je l’ai dit au début de mon propos, il y a une certaine dévalorisation de la fonction ce qui peut sembler paradoxal. Il est un fait que la profession souffre probablement d’une image nuancée au sein de l’entreprise, dans l’ensemble de la société, et parfois même chez les secrétaires elles-mêmes Cela n’est pas seulement injuste eu égard à l’importance de la fonction dans les entreprises, c’est aussi un mauvais calcul.
On peut en effet constater dans les entreprises françaises, que la fonction de secrétaire est relativement statique et n’est que très rarement la porte ouverte à une carrière vers d’autres fonctions de l’entreprise.
Cet état de fait ne se rencontre pas dans les pays nordiques ou anglo-saxons où la spécialité de secrétaire permet des évolutions professionnelles plus marquées. Ainsi, la secrétaire d’un service marketing peut normalement espérer faire une carrière dans le marketing, de même que la secrétaire d’un service juridique peut normalement devenir juriste. Cela signifie que dans ces pays, on a su capter, on a su valoriser, ce réservoir de compétence que sont les secrétaires et assistantes et leur proposer une carrière à leur bénéfice et au bénéfice de l’entreprise.
Je crois qu’en France, nous en sommes encore loin, et c’est probablement là un chantier à ouvrir. Il peut être remarqué par ailleurs que les outils existent pour faire de la fonction de secrétaire une fonction tremplin. Je pense bien entendu à la formation professionnelle, et encore à la Validation des acquis de l’expérience qui pourraient permettre de telles évolutions dans notre pays.
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Dans l’avenir, le métier de secrétaire va être confronté à quelques défis.
Ces dix prochaines années, la fonction va perdre environ 100 000 personnes qui vont partir à la retraite. Ce chiffre est extrêmement important, mais il est aussi une chance, car des recrutements importants sont à prévoir, ce qui va nécessiter à l’évidence de valoriser le métier.
Ensuite, il semble que les attentes des entreprises sont également en augmentation. La fonction a certes déjà beaucoup évolué, mais elle va encore évoluer, et je le crois, se rapprocher des modèles anglo-saxons et nordiques que j’ai pu évoquer précédemment. A cet égard, je me permets de rappeler que la pratique d’une langue étrangère, et notamment de l’anglais, est évidemment d’une absolue nécessité. Dès lors, il faut que l’appareil de formation soit prêt et puisse anticiper les demandes des entreprises.
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Comme vous le voyez, votre profession connaît et va connaître de fortes évolutions et quelques défis, qui doivent être portés par les entreprises mais aussi par les secrétaires elles-mêmes.
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Pour conclure, je crois qu’à l’évidence cette fonction primordiale qu’est la fonction de secrétaire doit se structurer. En premier lieu pour relever les défis qui l’attendent.
Je l’ai dit, il n’existe pas de définition de la fonction, et dans certaines conventions collectives, il arrive que le poste n’apparaisse même pas. Ce sont des manques insupportables qui doivent être corrigés. Il est tout aussi anormal que les secrétaires soient parfois les oubliés de la formation continue dans les entreprises par rapport aux autres salariés.
Je sais qu’il existe des réflexions sur la mise en place d’un organisme professionnel du secrétariat et de l’assistanat, un organisme qui aurait la lourde charge de développer l’image de cette fonction et d’en défendre les intérêts. Ces réflexions me semblent aller dans le bon sens, et je crois qu’il faut l’encourager.
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Mesdames et messieurs, je vous souhaite bonne chance pendant ces journées de salon. Je m’adresse plus particulièrement aux secrétaires à qui je souhaite également bonne chance dans l’exercice de leurs professions
Je vous remercie de votre attention.
Le ministre
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